Je voudrais être un géant, prendre à bras le corps les pigments, la couleur, l’eau, et, avec l’énergie d’un magicien éclabousser le papier.

L’aquarelle est mouvement. Il faut prendre sa respiration pour que débute la bataille avec les éléments. Les pigments se refusent, se cabrent.

Je regarde, patience calme de chat.

Les matières se domptent, un visage, une transparence surgissent sur une première feuille, puis deux. Je cherche, je questionne, je trouve une réponse étonnante qui démange, gratouille. Recommencer ? Rester humble.

Quelques feuilles plus tard ayant mis mes bottes de sept lieues, j’ai semé d’infinis petits cailloux colorés.

Souffle, énergie, apaisement me font peintre, sculpteur d’eau, chanteur de papier




Catherine Mithouard,
aquarelliste

 

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